Juin 1885 arrivée de Bérenger Saunière à Rennes-Le-Château

Rennes-Le-Château - Une colline de verdure dans un pays aride
Rennes-Le-Château – Une colline de verdure dans un pays aride

Tout commença le premier juin 1885. Montant à pas lourd le chemin muletier qui reliait le village de Rennes-Le-Château à la gare de Couiza, un prêtre suait sous la chaleur accablante de ce début d’été.

Et pourtant il était habitué à ces chaleurs ce jeune prêtre de 33 ans puisqu’il était natif d’un village juste au pied de la colline qu’il gravissait. Il était né en 1852 à Montazel. Son père était le régisseur du domaine de Monsieur de Cazemajou, homme de confiance et homme posé, les villageois l’avaient élu maire du village.

Bérenger Saunière, car tel était le nom de ce prêtre qui grimpait la colline, avait eu une enfance heureuse dans ce village de Montazel. Il avait souvent  joué avec ses camarades sur cette place ornée d’un bassin d’où des bronzes de dauphin laissaient échapper l’eau de la source. Souvent, il avait arpenté la garrigue autour de Rennes-Le-Château, se rappelant les histoires que racontaient, l’hiver, les anciens au coin du feu, sur les légendes de trésor que l’histoire de ce village rapportait.

Il n’était donc pas en terre inconnue ce jeune prêtre, c’était presque un retour au pays après trois ans passés dans la paroisse du Clat, village sauvage et perdu au fin fond du département de l’Aude dans le Fenouillède.

Il avait la foi chevillée au corps, il vivait Dieu, il respirait Dieu. Les mouvements politiques de son époque le mettaient dans de folles colères, lui pour qui seul un Roi pouvait être à la tête de la France et non pas l’un de ces mécréants de radico-socialistes qui sévissaient dans l’Aude en cette fin de XIXème siècle. Tel était Bérenger Saunière en 1885.

Bérenger Saunière, jeune.
Bérenger Saunière, jeune.

Son arrivée au village fut difficile. L’église était quasiment abandonnée et la plus tombait sur les ouailles lorsqu’il disait la messe et pourtant, ils n’étaient pas nombreux à se rendre aux offices ; les hommes, quant à eux, préféraient se retrouver au café près de l’église.

Puis les élections législatives de novembre 1885 arrivèrent et ce fut plus fort que lui ; un dimanche, en chaire, il demanda aux paroissiennes présentent à la messe, d’inciter leurs maris à voter pour le parti du Comte de Chambord, le parti Légitimiste, qui voulait devenir Roi de France et dont il avait les capacités généalogiques.

Cette prise de position déplu particulièrement au maire de Rennes-Le-Château qui se plaignit auprès du Préfet. La réaction du représentant de l’Etat ne se fit pas attendre, il suspendit le salaire de Bérenger Saunière. Monseigneur Billard, évêque de Carcassonne et supérieur hiérarchique de Bérenger Saunière s’émut de ce qui arrivait à son curé de Rennes-Le-Château, il lui trouva une place de professeur au Grand Séminaire de Carcassonne.

Cette décision allait être l’événement qui allait changer la vie de Bérenger Saunière déclenchant un effet domino inattendu…

La Vie Extraordinaire de Bérenger Saunière – Document PDF